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Le Tour de l'Infini

Thierry Vincent en Candide : Il faut cultiver notre jardin

Etonnant Thierry Vincent ! On le croit parti sur une voie (en tout cas pas de garage), il rebondit sur d’autres pistes ! Avec « Duodédale » et « Scherzo » nous étions dans un univers fleurant l’irrationnel, jouxtant la science –fiction, jouant quasiment de façon permanente avec le mot, nous le retrouvons... dans une comédie jardinière ! Si si ! Cela s’appelle « Le tour de l’infini » et ce voyage de Thierry Vincent se déroulera dans un jardin, ou plutôt dans des jardins.

Thierry Vincent : Comme le coucou fait son œuf dans le nid des autres, on a décidé que notre scénographie serait faite par les autres et que nous irions dans les scénographies qui nous ont précédées. Donc, cinq jardins dans lesquels on déambule au cours d’une comédie en plusieurs tableaux, et des promenades musicales entre ces tableaux.


Moi, vous m’ connaissez ? Je voulais bien sûr en savoir un petit peu plus sur cette jardinerie, et quelle graine avait  germé dans son esprit, bref, quid, commodo, quando ?


TV : C’est un texte que j’ai écrit sur le thème du végétal. Au mois d’août, l’année dernière, j’ai été pris d’une subite angoisse : j’ai rêvé que tous les théâtres s’étaient envolés, et que cela allait être difficile pour nous de jouer. Il allait falloir retrouver le sens du plein air. C’est né de la difficulté à rentrer dans les théâtres. Je me suis dit,  il y a des lieux ouverts : ce sont les jardins.

Nous avons rencontré un lieu avec un âme formidable, le monastère de Saorge. Cela est donc né de l’idée de se diversifier dans la compagnie et d’avoir une proposition gaie, ludique, pour l’été


Mais c’est quoi, cette histoire ? D’où vient soudainement ce bucolisme thierryvincentesque ? Serait-ce une commande ?


TV :  De fait je me suis en quelque sorte une commande : écrire sur le domaine du végétal. C’est une écriture qui reste quand même amoureuse des pied de nez, mais qui est assez classique. Le sujet est le retour du Dieu Pan qui, avec ses deux déesses, Pomone et Cérès, ont passé à travers le temps et sont aujourd’hui des dieux relativement sages parmi les humains et qui s’occupent de leur jardin


Nous retrouvons le compagnonnage avec Henri Manini, mais...


TV : C’est une première dans la compagnie, les musiciens, Henri Manini, Martin Chevalier et Marc Bertrand vont beaucoup travailler en acoustique. Les musiciens vont ouvrir les passages dans les jardins. Si je voulais trouver un maître dans mon écriture, je dirais que je suis allé butiner du coté de Fra Angélico : des scènes qui sont légères avec des couleurs franches et vives, avec un tout dernier hommage à Pessoa dans la dernière scène.


Jacques Barbarin

15 juin 2006 - Le patriote