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Scherzo

Allez ! Soyons encyclopédique, pour une fois. « Scherzo » désigne ordinairement le troisième morceau d'une sonate ou d'une symphonie, du moins depuis Beethoven. Le scherzo beethovénien, comme son nom l'indique (en italien : scherzare = badiner), est un morceau léger et spirituel, toujours d'un mouvement vif. Il n'a pas de mesure fixe, et on en trouve indifféremment à deux ou trois temps.  Et d’un.

La compagnie B.A.L (Bal d’Arts Légers) est née avec le « Li-vre de l’Intranquillité », créé au TNN en juin 2003, pendant la quinzaine des compagnies. Elle est fondée par Thierry Vincent, et Elodie Tampon-Lajarriette  Avec un nom comme celui-ci, vous voulez faire autre chose que du théâtre, vous ? La compagnie entre en résidence au Centre Culturel de la Providence en 2004 et crée « Duodédale », dudit Thierry. En 2005 la compagnie récidive avec un nouvel O.T.N.I (Objet Théâtral Non Identifié), « Scherzo ». Et de deux.

Vous me direz : « C’est un peu léger, comme rapport ». Hé bien oui, c’est justement ça : le rapport entre les deux, c’est la légèreté. Car le théâtre, c’est prendre des mots couchés sur du papier et les faire s’envoler, il faut donc qu’ils ne soient pas trop lourds, ou que le porteur lui-même ne soit pas trop « lourd ». Attention :  la légèreté des mots n’est pas leur inconséquence. C’est bien un théâtre de la parole que fait Thierry Vincent, peut nous chaut de savoir la genèse de cette parole : l’existence du gâteau se prouve en le mangeant, non en en lisant la recette. Et pour que ses mots volent, s’envolent, sonnent, il les met dans une rythmique, une gymnique, quasiment une jonglerie. Oui, il y a du

jongleur du Moyen-Âge chez Thierry Vincent.

Il revendique un théâtre de la gaieté. Et, malicieusement, il ajoute « Avec un peu de veine, nous pourrions le trouver ». Le nom de la compagnie le proclame : les mots vont valser.


Jacques Barbarin

3 novembre 2005 - LE PATRIOTE