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Comédies Jardinières

Narcisse et les miroirs

  • Date de création:

    En cours de création, 2022

  • Public:

    Tout public

  • Lieu:

    Déambulatoire

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Thierry Vincent, après Tombés du ciel, pour sa cinquième comédie jardinière, adapte une nouvelle fois au théâtre les Métamorphoses du poète latin Ovide et reprend la légende de Narcisse et d'Echo.

« Je m’aime un peu, beaucoup, à la folie, aveuglément. »

La compagnie après une résidence d’écriture en août au Monastère de Saorge, résidence qui fut également le moment pour les artistes de faire connaissance et d’improviser sur la pièce en cours d’écriture, entrera en répétition quelques jours avant le Printemps à l’Entrepont à Nice.

Extrait

Narcisse : Miroir ?
Le Miroir : Je te prie de m’excuser, j’avais à faire ailleurs. Qui es-tu ?
Narcisse : Narcisse.
Le Miroir : Ah te voilà !
Narcisse : Tu m’attendais ?
Le Miroir : Ai-je dit cela ?
Narcisse : Miroir, dis-moi : qui est cette personne ?
Le Miroir : Une personne ? À part toi ?
Narcisse : Oui ! Là !
Le Miroir : Ah oui ...
Narcisse : Connais-tu son nom ?
Le Miroir : Je ne peux répondre à cette question.
Narcisse : Vraiment ?
Le Miroir : Ce ne serait pas du jeu.
Narcisse : Quel jeu ?
Le Miroir : Le Grand Jeu.
Narcisse : Alors, puis-je t’en poser une autre ?
Le Miroir : Tu peux la poser oui... Mais, attention, ce n’est pas parce que je réfléchis que j’ai réponse à tout.

Extrait sonore

Composition musicale :
Pascal Albin  Giordano (mandole, mandoloncelle, daf) et  Issam Garfi (flûte traversière et bansori)

Distribution

  • Texte et mise en scène : Thierry Vincent

  • Jeu : Elodie Tampon-Lajarriette, Stéphane Comby

  • Composition musicale : Pascal Albin Giordano (mandole, mandoloncelle, daf) et Issam Garfi (flûte traversière et bansori)

  • Costumes : Gigi Cazes

  • Scénographie : Phillipe Maurin

  • Lumières : Alexandre Toscani

  • Pédagogie et diffusion : Isabelle Klaric

  • Vidéo : Guillaume Zanier

Une coproduction : Théâtre National de Nice/ Cie BAL
La pièce a bénéficié d’une résidence d’écriture du Centre des Monuments Nationaux au Monastère de Saorge.
Cette création fera l’objet d’une résidence de création à L’Entrepont à Nice en mars et avril 2022.

Par Thierry Vincent

Quand le théâtre se penche sur Narcisse que voit-il ?

Lui-même ?

Souhaitons que non,
espérons qu’il arrive à voir l’autre,
celui qui est à portée de voix.
Ce sera une vieille histoire remise au goût du jour,
où Echo et Narcisse se réconcilieront en public.
Et sans crainte des malédictions,
genre sept ans de malheur,
nous jouerons à briser,  froisser les miroirs,
l’enchainement aux apparences, à rire de nos susceptibilités,
et de notre dépendance à l’image animée mais sans âme,
aux like, aux ★
pour conjuguer le verbe aimer de la plus simple des façons
mais qui brûle les doigts.

Par Isabelle Klaric

NARCISSE, UN MYTHE INTEMPOREL ET TELLEMENT CONTEMPORAIN

Qui mieux que Narcisse incarne cette frénésie actuelle de l’image de soi ? Le fameux « quart d’heure de célébrité » fait pâle figure face aux incessantes et chatoyantes mises en scène de nos quotidiens pourtant parfois bien plats. Le nombrilisme a changé de dimension, démultiplié par Facebook, le « Livre des visages », et autres réseaux sociaux ?…

Dans la société du spectacle, il semble qu’à l’instar du mythe, il n’y ait pas de différence entre être et paraître, qu’ils tendent à ne former plus qu’un.  A fortiori, lorsqu’un homme aussi avisé que le devin Tirésias répond avec prudence, à la naissance du jeune Narcisse, qu’ « il atteindra un âge avancé, s’il ne se connaît pas. » Or,  Narcisse découvre les traits de son visage à la surface de l’eau et tombe amoureux de son apparence.  Au début,  l’espoir est permis, il croit avoir affaire à un inconnu. Mais une fois l’illusion dissipée, il parvient à la connaissance de lui-même et dans la fine fleur de l’âge, meurt de comprendre qu’il ne pourra se détacher de son apparence. Son être disparaît dévoré par son paraître. Dès lors, comment s’en préserver ?

Le mythe met ainsi en lumière le fragile équilibre du développement personnel, toujours menacé par l’hubris et le repli sur soi :  Aime-toi et les autres t’aimeront… mais pas trop quand même. Connais-toi toi-même… mais intéresse-toi au monde. Sois désiré, admiré (c’est bon pour l’ego)… mais pas au point d’en faire souffrir les autres et de soulever leur colère et haine.  Alors finalement pour déjouer tous ces paradoxes, quelle plus simple (autant que sage) injonction que « d’aimer ton prochain comme toi-même. » ?

  

Je m’aime, tu t’aimes, il s’aime à tous vents
ces selfies, c’est si simple….
essayez, vous verrez !
ces selfies, c’est facile
même au subjonctif imparfait
je m’aimasse, tu t’aimasses, (bis)
vous vous aimassiez
vous vous aimez plus qu’assez
c’est si simple, ces selfies, (bis)
c’est facile et ça s’efface.

Chanson des "Selfies" sur une musique de Pascal Albin Giordano et Issam Garfi